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Donner la parole à ceux qui n’en ont pas

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Dr. Silvia Marchesotti, chercheuse au Département de neurosciences cliniques de la Faculté de médecine de l’UNIGE, développe des interfaces cerveau-machine destinées à aider les personnes atteintes d’aphasie. Ses travaux, qui allient ingénierie et neurosciences, visent à décoder le langage interne des patients ayant perdu la capacité de s’exprimer en raison de l’aphasie. Cette approche innovante lui a valu une bourse «Starting Grant» du Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS), qui lui permettra de poursuivre ses recherches de 2026 à 2031. L’intérêt de Silvia Marchesotti pour l’ingénierie et les neurosciences s’est manifesté très tôt, sous l’influence de son milieu familial et de son parcours scolaire, notamment grâce à une rencontre décisive avec un pionnier de la robotique humanoïde lors d’une journée portes ouvertes à l’université de Gênes.

Les recherches de Silvia Marchesotti visent à comprendre les processus cérébraux impliqués dans le contrôle des interfaces cerveau-machine par l’imagination de mouvements. Ses travaux ont montré que tout le monde ne possède pas le même sentiment d’agentivité, c’est-à-dire le sentiment d’être à l’origine d’une action. Pour explorer cette question, elle utilise une combinaison d’électroencéphalogramme (EEG) et d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) afin d’enregistrer l’activité cérébrale. Ses résultats indiquent que certaines personnes, dont elle-même, ont du mal à contrôler ces interfaces, ce qui met en évidence la variabilité de l’agentivité d’une personne à l’autre. Ces recherches permettent de mieux comprendre comment différentes régions du cerveau contribuent au sentiment d’agentivité et comment la modification du retour visuel peut l’influencer.

Actuellement, Silvia Marchesotti travaille au décodage du langage à l’aide d’interfaces cerveau-machine, en particulier pour les patients atteints de troubles du langage graves tels que l’aphasie. Son objectif est de développer des outils pour aider ces personnes à communiquer, en se concentrant sur le décodage de l’intention de parler. Cela implique l’utilisation d’EEG non invasifs et d’EEG intracrâniens en collaboration avec diverses institutions. Le projet vise à faciliter la rééducation des patients aphasiques en leur fournissant un retour d’information sur leur parole imaginée, ce qui pourrait améliorer leurs réseaux linguistiques. De plus, la recherche cherche à décoder des unités linguistiques à l’aide de l’intelligence artificielle, avec pour objectif à long terme de créer un système de vocalisation fonctionnel.

Source :
https://www.unige.ch/campus/165magie/tetechercheuse/

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